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Des métaux si précieux

21 NOV

Des métaux si précieux

Afin de mieux récupérer les métaux présents dans les scories, la Satom a investi 3,5 millions. Elle fait figure de précurseur en Romandie.

«Les alchimistes d’autrefois ont cru pouvoir transformer le plomb en or. Nous ne parvenons pas à le faire, mais nous progressons», sourit Edi Blatter.

Le directeur de la Satom fait référence aux avancées liées à la valorisation des déchets. Ce dossier, il l’a à cœur depuis son arrivée à la tête de l’usine en 2003. Au-delà du thermoréseau, l’exploitation chablaisienne vient de franchir un nouveau pas. Elle a investi 3,5 millions de francs dans un système permettant de transférer ses résidus d’incinération dans la région de Zurich. «Les déchets ménagers contiennent toutes sortes de métaux, qui représentent un enjeu important compte tenu des volumes en jeu.»

Un partenariat avec une usine unique en Suisse

Autrefois, ces scories étaient mises en décharge. En 2006, la Satom s’est dotée d’aimants séparant le métal des autres éléments. Le million de francs engagé a rapidement permis d’amortir l’investissement grâce aux rentrées générées. En 2009, un processus d’extraction à sec fut déployé, permettant un meilleur rendement. «Mais la recherche d’optimisation est une préoccupation constante», note Daniel Böni. Directeur du complexe partenaire à Hinwil et entouré de responsables scientifiques de plusieurs usines zurichoises, il a développé un système inédit de démétallisation. Une usine a été bâtie, d’un coût de 35 millions de francs. «Quand nous en avons eu connaissance, nous avons décidé de collaborer», relève Edi Blatter.

Une première romande

Sur le site montheysan, la technique déployée est entièrement hermétique, du container au camion en passant par le rail amenant les résidus outre-Sarine. «L’évacuation nous coûtera environ 3 millions par an, reprend Edi Blatter. Mais au final l’opération sera blanche entre les frais de transport, de traitement et le montant récupéré pour la matière première. La qualité environnementale sera meilleure.» Daniel Böni enchaîne: «La Satom est la première usine romande à franchir le pas. Elle montre l’exemple.»

Un trait sur les poussières

Ce traitement ne dégagera plus aucune poussière. «Auparavant, les résidus étaient manipulés par des machines de chantier, reprend le directeur. Là, tout est hermétique et les silos de stockage sont munis d’un système d’évacuation de l’air avec des filtres.»

A terme, le directeur de la Satom espère qu’une usine telle que celle d’Hinwil voie le jour en Romandie. «En Valais, ce serait compliqué de faire venir les résidus puis de les renvoyer. Mais un procédé similaire serait souhaitable de ce côté de la Sarine.»

L’étape suivante en préparation

Dans le domaine de la récupération des métaux, celle du zinc fait exception. «Il s’évapore à 907 degrés, note Edi Blatter. Il n’apparaît pas dans les scories mais se mélange aux cendres volantes.» Un procédé de lavage des fumées avant qu’elles ne s’échappent des cheminées «permet de le récupérer à un degré de pureté de 99,995%».

En 2018, la Satom s’équipera des installations nécessaires et transférera cette matière première à Zurchwil, où devrait être construite l’unité industrielle suisse. Le directeur de la Satom fera partie du conseil d’administration. - Article du 19.11.2016 du Nouvelliste, par Nicolas Maury